Le scout qui a fait changer d'avis Klopp
Vous vous souvenez de ce sentiment lancinant lorsqu'un grand club manque un transfert, pour ensuite voir ce joueur exploser ailleurs ? Les fans de Liverpool ont failli avoir un rappel permanent de cela avec Mohamed Salah. Gab Marcotti a récemment levé le voile sur un pan fascinant de l'histoire des Reds, révélant que Jurgen Klopp n'était pas initialement convaincu par Salah. Klopp avait des vues sur Julian Brandt, qui faisait alors des ravages pour le Bayer Leverkusen. Brandt, un international allemand, était considéré comme un meilleur ajustement pour le système tactique que Klopp était en train de construire. Il était également plus jeune, seulement 20 ans à l'époque, contre 24 pour Salah.
Le fait est que le département d'analyse de Liverpool, dirigé par Michael Edwards et l'équipe de scouting, n'a cessé de plaider en faveur de Salah. Ils ont vu quelque chose que d'autres avaient manqué lors de son passage à Chelsea et de son impressionnante série en Serie A avec la Roma. Salah avait marqué 15 buts et délivré 11 passes décisives en 31 matchs de championnat pour la Roma en 2016-17, une production vraiment élite. Brandt, bien que talentueux, avait 3 buts et 8 passes décisives en 32 apparitions en Bundesliga cette même saison. Les chiffres, franchement, n'étaient même pas proches. Il a fallu beaucoup de persuasion, une plongée profonde dans les données et peut-être un peu d'entêtement de la part du département de scouting pour faire changer d'avis l'entraîneur. Finalement, le club a déboursé 34 millions de livres sterling pour amener Salah à Anfield en juin 2017. Ce fut un accord qui a remodelé une ère.
Les données ne mentent pas
Il ne s'agissait pas seulement d'un pressentiment ; il s'agissait de données froides et dures. Les scouts ont présenté un dossier convaincant pour les métriques sous-jacentes de Salah. Ils ont examiné sa création de tirs, ses taux de réussite en dribble, sa capacité à se placer dans des positions dangereuses et ses performances dans des situations de haute pression. La vitesse et la franchise de Salah étaient indéniables, et son pedigree de buteur en Italie était irréfutable. Lors de sa première saison complète à la Roma, 2015-16, il a marqué 14 buts en championnat en 34 apparitions. Brandt, malgré ses promesses, n'avait pas montré cette menace offensive constante et à fort volume.
Klopp, à son crédit, a écouté. C'est un manager qui fait confiance à son équipe, même lorsqu'elle remet en question ses instincts initiaux. Imaginez s'il ne l'avait pas fait. Salah a ensuite marqué un nombre ridicule de 44 buts toutes compétitions confondues lors de sa première saison, battant le record de la Premier League pour une saison de 38 matchs avec 32 buts. Il a remporté le prix du joueur de l'année PFA et a mené Liverpool à la finale de la Ligue des champions 2018. Brandt, quant à lui, est resté à Leverkusen jusqu'en 2019 avant de rejoindre le Borussia Dortmund, sans jamais atteindre les sommets stratosphériques de Salah. Sans vouloir manquer de respect à Brandt, qui est un excellent joueur, mais l'écart de production est digne du Grand Canyon.
Un héritage forgé dans les chiffres
Cette histoire n'est pas seulement une anecdote amusante ; elle témoigne de la façon dont les clubs de football modernes fonctionnent. Elle met en évidence le rôle essentiel de l'analyse des données et d'un réseau de scouting robuste pour identifier des talents que même les meilleurs managers pourraient initialement négliger. Les meilleures organisations ne se fient pas seulement à l'œil d'une seule personne ; elles synthétisent les informations provenant de multiples sources. Le succès de Liverpool sous Klopp, y compris leur triomphe en Ligue des champions en 2019 et leur titre de Premier League en 2020, a été construit sur ce genre de décisions astucieuses et basées sur les données.
En toute franchise : l'arrivée de Salah n'était pas seulement une bonne signature ; ce fut le catalyseur qui a transformé Liverpool d'un prétendant au top quatre en une véritable superpuissance mondiale. Sans ses buts, sans sa production offensive incessante, auraient-ils remporté ces trophées ? Fortement douteux. Mon avis personnel ? Cette saga de transfert spécifique prouve que si la vision d'un manager est cruciale, les héros méconnus du département d'analyse méritent souvent autant, sinon plus, de crédit pour la construction d'une équipe championne.
Je prédis que d'ici cinq ans, nous verrons davantage de managers de haut niveau admettre publiquement avoir été influencés par les données et les départements de scouting lors de transferts majeurs, déplaçant encore plus la dynamique du crédit.